Douleur à l’œil un mois après la cataracte : que faire ?

Un mois après une opération de la cataracte, une gêne reste fréquente : grain de sable, picotements, œil sec, éblouissement. Elle vient le plus souvent de la surface de l’œil. Une douleur profonde, qui augmente, ou accompagnée d’une rougeur ou d’une baisse de vision doit, elle, être examinée sans attendre le contrôle prévu. Œil rouge, douloureux, avec une vision qui baisse : la consultation a lieu le jour même.

L’ESSENTIEL

REPÈRES

Gêne ou douleur : faire la différence

  • La gêne est superficielle : sable, picotement, brûlure, œil qui pleure, surtout en fin de journée ou devant un écran. Elle varie d’une heure à l’autre et une larme artificielle la soulage.
  • La douleur est profonde, dans l’œil ou autour de lui. Elle s’installe, augmente, peut réveiller la nuit, et s’accompagne parfois d’une rougeur, d’une forte gêne à la lumière ou d’une vision trouble.

Ce qui reste habituel, ce qui ne l’est plus

Grain de sable au réveil, yeux qui pleurent au vent, fatigue après une heure d’écran, éblouissement au soleil, quelques mouches volantes : ces sensations sont fréquentes à un mois. L’Assurance Maladie range la sensibilité accrue à la lumière, la sécheresse et les mouches volantes parmi les troubles fonctionnels temporaires qui peuvent suivre l’intervention. Elles fluctuent, cèdent en partie aux larmes artificielles, et la vision reste celle des jours précédents.

Ce qui ne fait plus partie du cours habituel : une douleur qui s’installe au lieu de s’espacer, une rougeur qui revient après avoir disparu, une vision qui rebaisse alors qu’elle s’était améliorée. Le déroulement attendu est décrit dans les suites opératoires de la cataracte.

LE PLUS SOUVENT

Les causes fréquentes d’une gêne qui dure

La sécheresse oculaire post-opératoire

C’est la première explication : l’intervention et les collyres perturbent le film de larmes. Une revue systématique de vingt études conclut que la sécheresse peut persister jusqu’à trois mois après la chirurgie Ta 2025. D’où les larmes artificielles prescrites environ trois mois, ou selon le besoin.

Le rythme oriente : gêne minime au réveil, plus forte en fin de journée, accentuée devant un écran ou sous une climatisation, et qui recule après une goutte. Elle touche souvent les deux yeux, y compris celui qui n’a pas été opéré : la sécheresse préexistait et devient seulement plus perceptible. Voir la sensation de grain de sable et la sécheresse oculaire.

Une surface irritée par les collyres, une blépharite

Plusieurs gouttes par jour pendant un mois irritent parfois la surface de l’œil. Une blépharite, inflammation chronique du bord des paupières, entretient aussi brûlures et sensation de corps étranger : bords rouges, croûtes à la base des cils, paupières collées au réveil. Ces gênes se signalent à l’ophtalmologiste, qui adapte l’ordonnance ; elles ne justifient pas d’arrêter seul le traitement, ni de frotter l’œil opéré (voir ce qu’il ne faut pas faire après l’opération).

Une correction optique qui n’est pas encore à jour

Toutes les plaintes d’un mois ne sont pas des douleurs. Une fatigue oculaire, une pesanteur du front, des maux de tête en lisant viennent parfois d’anciennes lunettes devenues inadaptées à l’œil opéré. L’acuité visuelle est mesurée au contrôle du premier mois et la prescription ajustée si besoin : voir les lunettes après l’opération de la cataracte.

À MONTRER

Ce qui doit être examiné sans tarder

Une inflammation qui rebondit

Les collyres anti-inflammatoires sont prescrits un mois environ. Parfois, l’inflammation à l’intérieur de l’œil (uvéite antérieure, ou iritis) se réveille à la diminution ou à l’arrêt des gouttes : œil qui rougit de nouveau, douleur sourde, forte gêne à la lumière, vision un peu voilée. La rougeur se concentre alors autour de la cornée plutôt que sur tout le blanc de l’œil. Ces signes justifient un examen rapide, jamais la reprise d’un flacon entamé.

Une pression intraoculaire trop élevée

Les collyres corticoïdes font monter la pression de l’œil chez une minorité de personnes. Dans une série de 1 642 patients opérés de la cataracte et traités par corticoïde en collyre, 39 ont présenté cette réponse ; les patients plus jeunes et très myopes y étaient les plus exposés Chang 2011. La pression revient habituellement à la normale une fois le corticoïde arrêté Grzybowski 2019, mais cette décision appartient au médecin, après mesure. Douleur sourde, maux de tête du côté opéré ou halos colorés doivent faire contrôler la pression.

Un œdème maculaire

L’œdème maculaire du pseudophaque (syndrome d’Irvine-Gass) est un gonflement du centre de la rétine. Il survient généralement autour de la sixième semaine, et le risque est environ doublé en cas de diabète Fouad 2025. Il ne fait pas mal : il brouille ou déforme la vision centrale, et se diagnostique par un OCT de la macula. Une vision qui rebaisse, même sans douleur, se signale donc sans attendre ; les causes de flou tardif sont passées en revue dans voir flou après l’opération de la cataracte.

URGENCE

Œil rouge, douloureux, vision qui baisse : le jour même

Cette association fait suspecter une infection de l’intérieur de l’œil, l’endophtalmie. Elle est rare : dans l’étude européenne de l’ESCRS, 29 cas ont été recensés parmi 16 603 patients opérés ESCRS 2007. À un mois, elle reste possible : l’essai de référence sur son traitement a inclus des infections survenues jusqu’à six semaines après la chirurgie EVS 1995. Le délai de prise en charge pèse sur le résultat visuel, d’où la consultation le jour même.

Consultez sans attendre en cas de : douleur importante non calmée par le paracétamol ; baisse brutale de la vision ; œil rouge et douloureux ; voile noir, éclairs ou nombreuses mouches volantes soudaines ; écoulement épais qui colle les paupières, fièvre.

Qui appeler ? En journée, du lundi au vendredi : le cabinet de Cachan, au 01 45 47 08 11. Le soir, la nuit et le week-end, les urgences ophtalmologiques accueillent sans rendez-vous : Hôpital des Quinze-Vingts (28 rue de Charenton, Paris 12e, 01 40 02 15 20) ou Ophtalmopôle de Cochin (27 rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris 14e, 01 58 41 27 04). Le 15 est réservé aux urgences vitales.

Au téléphone, préciser depuis quand la douleur dure, si elle augmente, si la vision a changé depuis la veille. Voir aussi : urgences ophtalmologiques.

LUMIÈRE

Éblouissement après l’opération de la cataracte : que faire ?

L’implant transparent laisse passer davantage de lumière que le cristallin opacifié, qui filtrait les rayons depuis des années : blancs plus vifs, soleil plus agressif, phares plus durs les premières semaines. C’est une adaptation, et la sécheresse l’accentue : un film de larmes irrégulier diffuse la lumière au lieu de la laisser passer nettement.

Ce qui aide au quotidien

  • Des lunettes de soleil filtrantes en extérieur, même par temps couvert, et un chapeau à bord.
  • Les larmes artificielles prescrites, utilisées avant les situations éblouissantes plutôt qu’après.
  • Un éclairage indirect, une luminosité d’écran alignée sur celle de la pièce.
  • Repousser les trajets de nuit tant que les phares gênent, et en parler au contrôle.

La protection solaire est détaillée dans soleil et vacances après l’opération.

Halos, arcs lumineux et reflets nocturnes

Certaines personnes décrivent, plutôt qu’un éblouissement diffus, des arcs bien dessinés autour des sources lumineuses, ou une ombre en croissant sur le côté du champ visuel : ce sont les dysphotopsies. Une revue publiée dans Ophthalmology les rattache à la façon dont la lumière oblique rencontre le bord de l’implant, et rappelle que leur persistance est une cause notable d’insatisfaction Masket 2021. Les halos nocturnes liés aux implants à profondeur de champ étendue font l’objet d’un article dédié : implants EDOF et halos nocturnes.

Un point de vigilance : une gêne à la lumière récente, apparue alors qu’elle avait disparu, et associée à un œil rouge ou douloureux, n’est pas une question d’adaptation. Elle évoque une inflammation et se montre sans tarder à l’ophtalmologiste.

TRAITEMENT

Collyres : ni arrêt ni prolongation de sa propre initiative

Arrêter trop tôt expose à un rebond de l’inflammation ; prolonger seul un corticoïde expose à une montée de la pression et peut masquer une infection débutante. La durée de l’ordonnance se respecte, et toute modification passe par l’ophtalmologiste, notamment au contrôle du premier mois, au cabinet, à Cachan ou à Paris. Une goutte qui pique brièvement n’est pas une allergie : ce qui doit alerter est un gonflement des paupières ou des démangeaisons qui s’installent.

La surveillance comporte un contrôle deux jours après l’intervention, un contrôle à un mois, puis un contrôle à un an, sauf indication particulière. Une gêne nouvelle ou qui s’aggrave entre deux rendez-vous n’attend pas la date prévue.

EN PRATIQUE

Ce que je ressens, ce que cela peut être, que faire

Les problèmes ressentis après une opération de la cataracte se rangent en trois niveaux d’urgence : ce qui relève de la surface de l’œil, ce qui s’examine dans les jours qui viennent, et ce qui se voit le jour même. Ce tableau situe une sensation, il ne pose pas de diagnostic.

  • Grain de sable, picotement, œil qui pleure, surtout le soir ou devant un écran.
    Souvent : une sécheresse post-opératoire.
    Que faire : les larmes artificielles prescrites ; en parler au contrôle du premier mois.
  • Bords des paupières rouges, croûtes à la base des cils, paupières collées au réveil.
    Souvent : une blépharite, ou une surface irritée par les collyres.
    Que faire : le signaler ; consultation dans les jours qui suivent si cela persiste.
  • Fatigue visuelle, maux de tête en lisant.
    Souvent : une correction optique qui n’est plus adaptée.
    Que faire : attendre la mesure de l’acuité visuelle au contrôle du premier mois.
  • Œil de nouveau rouge et sensible à la lumière depuis la baisse des collyres.
    Possible : un rebond de l’inflammation à l’intérieur de l’œil.
    Que faire : examen rapide, sans reprendre un flacon seul ; le jour même si la vision baisse.
  • Douleur sourde, maux de tête du côté opéré, halos colorés.
    Possible : une pression intraoculaire trop élevée.
    Que faire : faire mesurer la pression rapidement ; ne rien changer seul au traitement.
  • Vision centrale brouillée ou déformée, sans douleur, vers la sixième semaine.
    Possible : un œdème maculaire, plus fréquent en cas de diabète.
    Que faire : consultation avec OCT de la macula, sans attendre le rendez-vous prévu.
  • Éblouissement au soleil, halos autour des phares, reflets en arc.
    Souvent : l’adaptation à l’implant, une sécheresse, ou une dysphotopsie.
    Que faire : lunettes de soleil et larmes artificielles ; plus tôt que le contrôle si c’est apparu brusquement.
  • Voile progressif qui réapparaît des mois ou des années après.
    Possible : une cataracte secondaire.
    Que faire : prendre rendez-vous, sans caractère d’urgence.
  • Œil rouge et douloureux, vision qui baisse, écoulement épais, fièvre.
    À redouter : une infection à l’intérieur de l’œil.
    Que faire : examen le jour même, aux urgences ophtalmologiques hors des heures du cabinet.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Questions fréquentes

Est-il normal d’avoir encore mal à l’œil un mois après l’opération de la cataracte ?

Une gêne de surface (grain de sable, œil sec) reste fréquente à un mois. Une douleur profonde, qui augmente ou qui s’accompagne d’une rougeur ou d’une baisse de vision doit être examinée sans attendre.

Mon œil est redevenu rouge et sensible depuis l’arrêt des collyres : que faire ?

Il peut s’agir d’un rebond de l’inflammation. Ne reprenez pas un flacon de votre propre initiative : appelez le cabinet pour être examiné rapidement. Si la vision baisse ou si la douleur est importante, la consultation a lieu le jour même.

Puis-je prendre du paracétamol ?

Oui, sauf contre-indication personnelle. Une douleur importante qu’il ne calme pas est un signe d’alerte : consultez sans attendre.

Ma vision rebaisse sans douleur : est-ce inquiétant ?

Cela doit être vérifié. Autour de la sixième semaine, un œdème maculaire peut brouiller la vision centrale sans douleur. Des mois ou des années plus tard, un voile progressif évoque plutôt une cataracte secondaire.

Je suis ébloui dès que je sors : est-ce que cela va passer ?

Le plus souvent, oui : l’implant transparent laisse passer plus de lumière que le cristallin opacifié, et l’œil s’y habitue au fil des semaines. La sécheresse accentue cette gêne, d’où l’intérêt des larmes artificielles et des lunettes de soleil. Un éblouissement qui réapparaît brusquement, avec un œil rouge ou douloureux, est une autre situation : il se montre sans tarder à l’ophtalmologiste.

Faut-il attendre le contrôle du premier mois ou appeler avant ?

Une gêne stable ou qui s’atténue peut attendre le rendez-vous prévu. Une douleur qui augmente, une rougeur qui revient, une vision qui rebaisse ou un écoulement justifient un appel le jour même.

Puis-je frotter mon œil à un mois ?

Frotter l’œil opéré est à éviter, y compris lorsqu’il démange : une goutte de larmes artificielles soulage mieux, sans appuyer sur l’œil. Les délais de reprise des activités figurent sur les consignes remises après l’intervention.

SOURCES

Sources scientifiques

  1. Endophthalmitis Study Group, European Society of Cataract & Refractive Surgeons. Prophylaxis of postoperative endophthalmitis following cataract surgery: results of the ESCRS multicenter study and identification of risk factors. J Cataract Refract Surg. 2007;33(6):978-988. PMID: 17531690
  2. Endophthalmitis Vitrectomy Study Group. Results of the Endophthalmitis Vitrectomy Study. Arch Ophthalmol. 1995;113(12):1479-1496. PMID: 7487614
  3. Ta H, McCann P, Xiao M, et al. Dry eye post-cataract surgery: a systematic review and meta-analysis. BMC Ophthalmol. 2025;25(1):18. PMID: 39806338
  4. Chang DF, Tan JJ, Tripodis Y. Risk factors for steroid response among cataract patients. J Cataract Refract Surg. 2011;37(4):675-681. PMID: 21420592
  5. Grzybowski A, Kanclerz P. Early postoperative intraocular pressure elevation following cataract surgery. Curr Opin Ophthalmol. 2019;30(1):56-62. PMID: 30489361
  6. Fouad YA, Karimaghaei S, Elhusseiny AM, et al. Pseudophakic cystoid macular edema. Curr Opin Ophthalmol. 2025;36(1):62-69. PMID: 39446879
  7. Masket S, Fram NR. Pseudophakic dysphotopsia: review of incidence, cause, and treatment of positive and negative dysphotopsia. Ophthalmology. 2021;128(11):e195-e205. PMID: 32800744
  8. Assurance Maladie (ameli.fr). Traitement de la cataracte : quand faut-il être opéré ? Mis à jour le 5 décembre 2025. ameli.fr

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Cabinet de Cachan · Tél. 01 45 47 08 11

AVERTISSEMENT

Avertissement médical

Cet article a une vocation d’information générale et ne se substitue pas à une consultation médicale.

Les repères donnés ici décrivent des situations courantes, pas un cas particulier, et les délais indiqués peuvent être adaptés au vôtre. Seul un examen à la lampe à fente, avec mesure de la pression intraoculaire et parfois un OCT de la macula, permet de préciser la cause d’une douleur après une chirurgie de la cataracte. En cas de douleur importante, d’œil rouge ou de baisse de vision, consultez sans attendre.

Rédigé et relu par le Dr Moïse Tourabaly, ophtalmologue chirurgien réfractif — ancien chef de clinique (CHNO des Quinze-Vingts).

Dernière mise à jour : 4 octobre 2026

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